“Abandonne-toi à la Source.”

Depuis que je suis levée, ces mots sont gravés dans mon esprit. De peur de les oublier, je les ai répétés en boucle, jusqu’à ce que je m’installe pour écrire ce matin.

J’avais surtout peur d’oublier les sensations qui y étaient associées. J’étais, en effet, à la fois celle qui prononçait cette phrase, et l’amant qui la recevait Dans cette fin de rêve érotique, j’étais le cadeau, l’invitation, et l’heureux bénéficiaire.

Tout en un instant, joie d’offrir et douceur de recevoir.

Qui suis-je donc, pour refuser à la Source tous les cadeaux dont elle veut me couvrir? Ah oui… un humain… c’est vrai… Habituée à choisir, depuis l’enfance, selon des modalités préformatées, bien loin de l’écoute spontanée des offrandes de la vie.

Heureusement, il ne tient qu’à moi (cela réside dans une décision d’une nano-seconde) d’écouter le bruissement des étoiles du matin. Cette poétique expression de Vadim Zeland, auteur du surprenant Transurfing, est selon lui une des clés essentielles d’une vie comblée. Je profite du confinement pour relire le premier tome, et peut-être enchaînerai-je sur les quatre autres. A chaque lecture, ma compréhension s’affine vers toujours plus de simplicité et d’évidence.

A chaque instant, littéralement, à chaque seconde, si je veux bien “ralentir”, étirer le temps pour le sentir passer, je peux écouter la sensation de mon âme face à une direction possible. Confortable? OK j’y vais. Inconfortable? Stop, ce n’est pas la bonne direction.

Voilà. C’est tout. Pas de grand plan, pas de stratégie, pas de “qu’est-ce que j’ai envie de faire de ma journée, de mon confinement, de ma vie”. S’abandonner à la Source, c’est avoir confiance que chaque décision prise en suivant l’élan instantané impulsé par le cœur est une bonne décision.

Parfois, cette bonne décision m’amène sur des chemins rugueux à la pente raide. Je peux être tentée de me maudire (je l’ai souvent fait!), mais ce n’est pas juste. J’ai suivi mon élan, je peux être certaine que je suis au bon endroit au bon moment. Pour que cela redevienne confortable, je dois accepter de ne pas comprendre la raison des désagréments de ce chemin de traverse. Alors, d’un coup, cela me pèse moins.

Abandonne-toi à la Source…

Poursuivant mes réflexions matinales, je songe à la notion de spontanéité. Cet abandon à la Source, ne serait-ce pas, tout simplement, une invitation à la spontanéité? Certes, je parle d’écouter le bruissement des étoiles du matin, pour sentir le confort de l’âme, et cela doit prendre un peu de temps. Mais avec l’habitude, j’aurai la connaissance instantanée de ce que mon âme désire, et il y a fort à parier que je me retrouverai dans cet état d’enfance, où je me laisse porter par mes envies à chaque seconde.

Spontanéité…

Puis-je aussi appeler cela Présence? Ouh… cela fait tout de suite plus sérieux, n’est-ce-pas? “M’installer dans ma grande Présence”, ça en jette plus que “faire tout ce qui me passe par la tête”. Pourtant, je soupçonne que cela revienne au même. Ce qui me vient, à l’idée de la première proposition, c’est le fait de simplement ressentir, pas forcément d’agir. A moins, qu’il n’y ait, encore, un filtre d’adulte raisonnable qui veut se rassurer.

Je peux toujours commencer par écouter, laisser la place au cœur. Quant à suivre l’élan et passer à l’action (la spontanéité enfantine), lorsque j’observe cela dans ma vie, je constate tous les boucliers qui se lèvent, les “ce n’est pas sérieux”, “tu ne peux pas faire ça”, et autres “qu’est-ce que les gens vont penser”.

Je sais désormais que si j’écoute ces peurs (au-delà d’en prendre conscience, je décide de ne pas agir), et bien… je diffère ma Joie. Jusqu’au prochain assaut de l’âme. La peur ne demande pas à diriger, mais simplement à être entendue, pour être dépassée. Alors les élans reviennent. De quitter ce job, cette personne, cette ville. Parfois, la maladie, l’accident, le burn-out, le confinement, mettent un terme à la fuite, et m’obligent à écouter avec plus d’attention.

Plus d’amour aussi…

Ce n’est que cela. L’amour de moi, qui me répète inlassablement “abandonne-toi à la Source”, m’invitant à la Joie de l’éternel instant présent.

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