E comme Eugène HARDY

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Bordeaux, le 5 Novembre 2020.

Bonjour Eugène

J’ai écrit à Eva il y a quelques jours, et ça m’a donné envie de t’envoyer un mot à toi aussi ! Je ne sais pas trop si tu t’entendais bien avec elle, les relations père-fille, ce n’est pas toujours facile…

J’ai trouvé une photo de toi dans les archives familiales, et j’ai le regret de t’informer que Charles FRANCOIS en a une plus grosse que la tienne… Si si, regarde bien les deux photos, ça saute au nez !

Bon, comment ça se passe pour toi à Beaurieux (c’est le Nooooord) ? Pas trop embêté par tes voisins de caveau ? Tu es inhumé avec tes parents, ta femme, ton frère, ton fils et ta bru ! Eva n’y est pas. Je ne sais pas où elle repose, tiens… Maman doit savoir, je lui demanderai.

J’ai assez peu d’informations sur toi : ton acte de naissance (à Beaurieux le 15 juillet 1865), ton acte de mariage avec Maria (à Beaurieux le 15 mai 1893), les données sur Eva, et je sais aussi que tu as eu un fils après elle, mais c’est tout. Voyons si je peux compléter ça avant de te demander quoi que ce soit.

D’abord je balaie les naissances de Beaurieux après celle d’Eva en 1894 (c’est vite fait, il n’y a que deux pages de tables décennales), et je trouve ton fils Henri, né le 15 février 1899.

Ensuite, je jette un œil au recensement de 1906, le seul des archives départementales du Nord qui ait été numérisé. Ouf, 11 pages, c’est bon. Je trouve ta famille en cinquième page.

Et alors là, je vois que tu vis avec femme et enfants, certes, mais aussi avec ton frère Zénon, ainsi que deux ouvriers agricoles dont tu es le patron. Chose plus surprenante, ces trois hommes sont de nationalité belge. Et là, je me rends compte que je ne visualise pas très bien où se situe Beaurieux … Hum… OK je sors… Ah ben oui, c’est à moins d’un kilomètre de la frontière belge !

A partir de ce recensement, en 1906 donc, je n’ai plus de données jusqu’au mariage d’Eva en 1919. Tout de même, il y a eu la guerre de 14, et ça me fait penser que je n’ai pas ta fiche matricule. Tout de même, c’est ballot de se passer de ce document ! Il m’a fallu explorer un peu les archives car ta fiche ne se trouvait pas où je l’attendais. Etant né en 1865, tu aurais dû figurer dans les registres de 1885 (l’armée vous incorporait à l’âge de vingt ans). Et bien non, je t’ai trouvé en 1887 (non sans avoir ratissé auparavant tout le département du Nord en 1885…)

Tes obligations militaires sont réduites car tu es petit-fils d’étranger (effectivement, ton grand-père HARDY serait né à Sivry en Belgique, à 5 kilomètres de Beaurieux) (je dis « serait » car je n’ai pas encore vérifié l’info par moi-même, je l’ai trouvé sur une plateforme collaborative sur internet).

Et d’un coup, je m’interroge. Comment se fait-il que ton frère Zénon soit de nationalité belge, et toi française (d’après le recensement) ? Hmm ? Tu peux me répondre, Eugène ? Mouais, fais le mort, c’est ça…

Bah, ce n’est pas grave, Eugène. Je m’en fiche, de ces histoires de nationalité. Ce n’est qu’une étiquette apposée sur un humain, bien réductrice au regard de tout ce que nous sommes capables de créer tout au long d’une vie… Bon, je ne m’attarde pas sur cette question philosophique, sinon tu vas t’assoupir sur mon courrier !

Cher Eugène, je suis bien heureuse d’avoir pris ce temps avec toi. Je t’embrasse fort, à bientôt !

 

Laure

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Cet article a 2 commentaires

  1. Caro

    C’est rigolo, il a les sourcils « chat foncé » 😻

    1. Laure Martin

      Rhooo mais carrément ! Je ne l’avais pas lu comme ça, merci, c’est drôle !!

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