Bonjour, je suis Laure Martin...

…et je me lève tous les matins avec le sourire ! (euh… non.. pas tous les matins, mais presque ! )

Pourtant, il y a cinq ans, voici la tête que j’avais :

Cette photo a été prise en août 2015,  soit trois mois avant le burn-out.

Que s’est-il passé entre ces deux images ?

Mes études d’ingénieur m’ont d’abord conduite dans le bâtiment, puis à la SNCF. Intégrer cette entreprise était une évidence, puisque j’étais issue d’une longue lignée de cheminots. Première femme ferroviaire de la famille, j’étais plutôt fière de cet héritage. J’ai enchaîné, assez rapidement, plusieurs postes à responsabilités, management de projets et d’équipes, jusqu’à un poste en direction RH, où j’intervenais dans une fusion d’entreprises.

Un matin de novembre 2015, je me suis levée et préparée comme d’habitude. Après avoir déposé ma fille à l’école, j’ai fait quelques pas, et je me suis arrêtée. Comme ça, sans raison apparente. Mes pieds semblaient collés au sol, impossible d’avancer. Mon ventre avait beau se serrer de panique “Je vais être en retard”, j’étais immobilisée. Avisant un banc public, j’ai pu m’y asseoir. A cet instant, je ne pensais qu’aux conséquences de mon retard, à la nécessité de prévenir, de trouver une excuse, de gérer les conséquences.

Impossible de repartir !

Mes tentatives pour repartir vers le métro sont restées infructueuses, tandis que mon cerveau s’emballait, s’emballait, s’emballait. Un tumulte de pensées s’est déversé dans mon esprit, j’ai été comme aspirée dans un trou noir pendant quelques secondes. Lorsque j’ai repris mes esprits, je pleurais sur le banc, étouffée par les sanglots qui soulevaient ma poitrine. J’avais trop vu de mes collègues, collaborateurs, supérieurs, craquer, pour ne pas savoir ce qui se passait…

La mort dans l’âme, littéralement, je me suis rendue chez mon médecin qui m’a immédiatement prescrit un arrêt de travail. J’avais honte de cette défaillance lorsque j’ai écrit un mail à ma directrice pour la prévenir.

Ce premier arrêt a été suivi d’un second, puis d’une période de repos dans une clinique spécialisée dans les addictions. J’avais en effet utilisé l’alcool comme anxiolytique durant plusieurs mois, et je devais absolument traiter cette dépendance avant toute autre action.

Repos, prise de tête, puis reconversion

J’ai passé le premier semestre 2016 à tenter de me requinquer. Antidépresseurs, somnifères et arrêts de travail me laissent le souvenir d’une période de flottement amer, un profond sentiment de solitude et de dégoût. Dégoût de moi, du système, de la famille, de tout ce qui m’avait fracassée contre ce mur. Que faire ? Rester, et recommencer à courir dans cette roue infernale de hamster ? Partir, mais pour faire quoi ? Où? Avec qui ? L’enfer du doute…

Jusqu’à la prise de décision libératrice : “Je dois partir”. La mise en oeuvre n’a pas été aisée, mais la direction était choisie, c’était l’essentiel.

Nous avons quitté Paris en famille pour nous installer à Bordeaux. J’ai démissionné, puis repris des études pour élargir mes connaissances et actualiser mes pratiques en généalogie (que je pratiquais en amateur depuis l’adolescence). J’ai obtenu, en juin 2017, un diplôme universitaire en histoire et généalogie familiale et j’ai créé ma micro-entreprise en septembre suivant.

Entrepreneuriat et spiritualité

L’entrepreneuriat a agi sur moi comme une véritable thérapie, me confrontant sans ménagement à la peur du manque, au défaut d’affirmation de Soi, au manque de vision et de stabilité intérieure.

En parallèle, l’annonce du cancer de mon papa m’a plongé dans une quête spirituelle effrénée, qui s’est avérée passionnante, enrichissante, mais aussi très déstabilisante, pour l’ingénieur élevé dans l’athéisme que j’étais. L’essentiel des ressources que j’utilise aujourd’hui au quotidien a été découvert grâce à cette quête: méditation, pratiques énergétiques, hygiène de vie, foi dans la magie de la Vie.

La véritable reconstruction a pu démarrer lorsque le père de ma fille et moi nous sommes séparés. La solitude de ma nouvelle vie a favorisé une introspection profonde et salutaire, tandis que mon activité d’entrepreneure se structurait.

Il est temps de transmettre

Comme tout le monde, je suis impactée par cette année 2020 si particulière. J’observe l’effondrement du système et des individus avec tristesse, mais aussi avec grand espoir. Alors que la perte de repères extérieurs laisse la plupart d’entre nous démunis, je trouve en moi des ressources solides et stables, qui me permettent de traverser cette crise avec confiance.

Je crois aujourd’hui que ce que j’ai appris sur mon chemin mérite d’être partagé. Vous trouverez sur ce site des ressources pour vous aider dans votre parcours de résilience: un blog de réflexion, des méditations, un livre publié en 2018, Retour à la Source, qui évoque les premiers mois de ma quête spirituelle, et d’autres supports encore.

Prenez soin de vous, le monde a besoin de votre lumière…