Comment lire un acte de naissance ancien, guide pas à pas pour débutantes

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Vous avez trouvé un acte de naissance sur un site d’archives départementales. Il est là, devant vous, une page manuscrite, une écriture que vous peinez à déchiffrer, des formules que vous ne reconnaissez pas.

Pas de panique ! Lire un acte de naissance ancien, ça s’apprend. Et une fois que vous avez compris la logique, tous les actes de la même époque vous sembleront familiers, parce qu’ils suivent tous le même modèle.

Voici comment faire, pas à pas.

Avant de commencer : civil ou paroissial ?

La première chose à savoir, c’est que tous les actes de naissance anciens ne se ressemblent pas. Tout dépend de la date.

Avant 1792 : les registres paroissiaux

Avant la Révolution française, c’est l’Église catholique qui enregistre les naissances. Plus précisément, elle enregistre le baptême, car il manifeste l’accueil divin du nouveau-né. On parle de registres paroissiaux, tenus par le curé de la paroisse. L’acte s’appelle logiquement un acte de baptême, pas un acte de naissance.

Ces actes sont souvent rédigés en latin ou en français, selon les époques et les lieux, avec une écriture ancienne difficile à déchiffrer. Ils mentionnent la date du baptême (pas toujours la date de naissance), les prénoms du père et de la mère, et les parrain et marraine, qui sont souvent des membres de la famille proche.

Pour les autres religions que catholiques, d’autres règles s’appliquent, qui ne sont pas détaillées ici.

Après 1792 : les registres d’état civil

À partir du 20 septembre 1792, l’état révolutionnaire prend le relais de l’Église. Les naissances sont désormais enregistrées par la mairie, en français, dans des registres d’état civil. L’acte s’appelle un acte de naissance.

Ces actes sont beaucoup plus standardisés, et donc plus faciles à lire une fois qu’on en connaît la structure.

Dans cet article, je me concentre sur les actes d’état civil (après 1792), les plus courants dans les recherches généalogiques du XIXe siècle. Je reviendrai sur les registres paroissiaux dans un prochain article.

La structure d’un acte de naissance civil

Un acte de naissance du XIXème siècle suit toujours la même structure. Une fois que vous la connaissez, vous savez où chercher chaque information.

1. L’en-tête

Il indique la commune, le département, l’année, et parfois le numéro de l’acte dans le registre. C’est aussi ici que figure la date de l’acte, qui peut être différente de la date de naissance réelle. Cet en-tête n’est pas toujours présent, et peut se réduire au numéro de l’acte.

2. Le déclarant

C’est la personne qui vient déclarer la naissance à la mairie. Au XIXème siècle, c’est presque toujours le père, accompagné de deux témoins. Le déclarant donne son nom, son prénom, son âge, sa profession et son domicile.

3. L’enfant

Prénom(s), sexe, date et heure de naissance, lieu de naissance. Attention : le nom de famille de l’enfant n’est pas toujours mentionné explicitement, il est celui du père.

4. La mère

Nom de jeune fille, prénom, âge, profession, domicile. C’est ici que vous trouverez le nom de famille de votre ancêtre du côté maternel.

5. Les témoins

Deux témoins sont obligatoires. Ils donnent leur nom, prénom, âge et profession. Comme je vous l’explique dans mon guide gratuit sur les 5 étapes de la recherche généalogique, les témoins sont souvent des membres de la famille ou des voisins proches. Ce sont des pistes précieuses.

6. La signature

L’officier d’état civil signe, ainsi que le déclarant et les témoins, quand ils savent écrire. La mention « ne sachant signer » est fréquente au XIXème siècle, et n’a rien de déshonorant.

Un exemple réel, l’acte de naissance de Louis Joseph Maxime Martin

Acte de naissance de Louis Joseph Maxime Martin, à Audruicq dans l’Aisne, en 1808 – AD 62, 5 MIR 057/4 (an XII/1877), vue 111

Voici ce qu’on peut lire dans cet acte :

1- Le numéro d’acte : 64

2- La date : L’an mil huit cent huit le huit novembre (c’est la date de l’acte, la naissance a eu lieu « le jour d’hier »)

3- L’enfant : Louis Joseph Maxime

4- Le père : Jean Louis Martin, cultivateur, demeurant à Audruicq, âgé de quarante quatre ans

5- La mère : Anne Françoise Rosalie Daniel

6 et 7- Les témoins : Pierre Joseph Everard et Louis Joseph Arnould Dubroeucq, « amis au père de ce nouveau né »

Ce que cet acte m’a appris que je ne savais pas encore :

Le couple parental s’est marié à Zutquerque. Quand j’ai trouvé cet acte, je n’en avais jamais entendu parler ! J’imaginais ce lieu dans le département du Nord, vers la frontière belge, parce que j’avais en référence Dunkerque, mais pas du tout : c’était juste le village d’à côté … On n’a pas toujours la précision du lieu de mariage, c’est une chance.

Et si vous voulez en savoir plus sur ce qu’est devenu ce nouveau-né, lisez l’article Vapeur & chicorée 😉

Les difficultés les plus fréquentes, et comment les surmonter

L’écriture est illisible

C’est la difficulté numéro un des débutantes. Quelques astuces :

  • Zoomez au maximum sur votre écran, beaucoup de détails apparaissent qu’on ne voyait pas à l’œil nu
  • Comparez les lettres entre elles. Si vous ne reconnaissez pas un mot, cherchez les mêmes lettres dans des mots que vous lisez déjà
  • Cherchez un tableau de correspondance des lettres anciennes. Il en existe de très bien faits, notamment sur le site de Geneanet

Les abréviations

Au XIXe siècle, les greffiers abrègent fréquemment. « dit » devient « d. », « veuve » devient « ve », « profession » devient « prof. » Les abréviations varient selon les régions et les greffiers. Avec l’habitude, vous les reconnaîtrez.

Le nom de famille est différent selon les actes

C’est normal. L’orthographe des noms n’était pas standardisée au XIXème siècle. Le greffier écrivait phonétiquement, selon son accent ou son habitude. Falighero peut devenir Faliguerho, Faligero ou Faligereau. Ne vous laissez pas piéger par une orthographe différente.

Ce que vous faites une fois l’acte lu

Vous avez déchiffré l’acte. Vous avez noté les informations. Et maintenant ?

  • Notez la cote complète de l’acte : département, série, numéro de registre, vue. Sans cette référence, vous ne pourrez pas le retrouver.
  • Regardez les témoins, et cherchez s’ils apparaissent dans d’autres actes de la même famille
  • Remontez à la génération suivante : l’acte de naissance vous donne le nom des parents, ce sont vos prochains actes à chercher

Si vous ne savez pas encore comment naviguer dans les archives pour trouver ces actes suivants, le guide SOS Archives vous montre pas à pas comment accéder aux bonnes interfaces, comprendre les cotes et trouver les bons registres.

Et si vous venez de trouver cet acte et que vous ne savez pas quoi faire ensuite, le guide gratuit « Et maintenant, je fais quoi ? » vous donne le plan en 5 étapes.

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