C comme Charles FRANÇOIS

Dans cet article, publié une première fois en novembre 2020, je vous raconte comment j’ai enquêté sur la descendance de Charles François, né en 1853 de « père non dénommé », à partir d’archives de famille (une ressource précieuse quand on débute sa généalogie), relayées par des sources publiques.

Si vous voulez en savoir plus sur Victoire, la mère de Charles, j’en parle dans ma page À propos.

Bordeaux, le 3 Novembre 2020.

Bonjour Charles

Je prends enfin le temps de t’écrire, j’espère que tu n’as pas été froissé par mon silence. La dernière fois que j’ai touché à ta fiche, c’était en avril 2017… A l’époque, je ne sais pas si tu t’en souviens, la mention de père « non dénommé » sur ton acte de naissance m’avait émue et intriguée. J’étais alors partie en quête d’informations sur Victoire, ta maman, et je n’avais pas été déçue : un enfant issu d’un premier mariage, le veuvage, puis toi, sans papa nommé, et enfin un deuxième mariage sans enfant. Quelle vie… J’aimerais beaucoup savoir si elle t’avait parlé de ton père… J’ai bien une petite idée de qui il s’agit, mais peut-être cela doit-il encore rester secret ?

En tout cas, moi, j’ai un peu parlé de toi à Eva il y a deux jours, et je lui partageais mon envie de chercher ta descendance. La lettre C du Challenge AZ me donne une occasion rêvée de commencer à gratter. Voici une représentation intéressante des données de départ, trouvée dans le dossier laissé par ma tante :

Sur le tronc, on lit ton nom et celui de Marie-Anne ta femme, les branches représentant tes enfants. J’ai toujours été frappée qu’un homme né de père non nommé ait autant de gosses ! Et il n’est pas fait état de ceux qui seraient morts en bas âge…

Quoi qu’il en soit, j’ai une autre représentation de ta famille proche. Mamy, très attachée à ses origines, avait fait encadrer deux grandes photographies de ses grands-parents, chaque couple étant entouré de ses enfants. Ces photos en majesté familiale trônaient en face du lit qu’elle partageait avec Papy. Tu parles d’une inspiration ! J’aurais du mal à faire crac-crac sous les yeux de la famille… Même simplement dormir, je crois que ça m’angoisserait. Bref ! Je suis sûre que tu te souviens de cette photo, regarde.

Je vous trouve magnifiques ! Quelle solennité, quelle allure, tous !

On a longuement échangé avec Maman pour identifier tout le monde, et on a encore des doutes. Mais je ne suis pas inquiète, s’ils doivent être levés un jour, ils le seront. J’ai rentré tout ça dans l’ordinateur (une machine qui bosse à ma place), et voilà le résultat :

Moi, je suis une des descendantes du couple formé par Emilia, ta cinquième enfant, et Jules DÉSORMAIS. Je ne suis pas sûre que tu l’aies connu, puisque tu es mort environ un an et demi avant leur mariage en février 1912.

Jusqu’à maintenant, je me suis surtout intéressée à mon ascendance. Je ne connais donc pas encore tous les conjoints de tes autres enfants. Si je me fie aux données du dossier de ma tante, j’ai des informations pour tout le monde. Combinées avec mes super-pouvoirs d’enquêtrice, elles finiront par cracher le morceau ! Évidemment, mon cher Charles, je te tiendrai informé.

Je t’embrasse affectueusement,

Laure

La méthode en pratique

Dans cet article, j’ai utilisé plusieurs sources pour reconstituer cette partie de la vie de Charles :

  • Les archives privées : les vieilles photos, les papiers en vrac, et la mémoire des vivants, sont le point de départ de toute généalogie
  • Les actes d’état civil (naissance, mariage, décès), disponibles gratuitement sur les sites des Archives départementales
  • Les recensements, pour suivre la famille d’un logement à l’autre, d’une décennie à l’autre

Si vous débutez et que vous ne savez pas encore comment accéder à ces sources, mon guide SOS Archives vous explique par où commencer.