Plasticienne autodidacte, je vis mon art comme une exploration, de la matière comme de mon être.

Démarche artistique

Née en 1973, d’abord ingénieure ferroviaire, puis un temps généalogiste, je contribue désormais comme artiste plasticienne et thérapeute.

Un jour, les mots ont manqué pour partager mon expérience singulière. Mon œuvre est une traduction graphique et plastique de mes interrogations existentielles : qu’est-ce qu’un humain, qu’est-ce que cette vie qui le traverse…, et la façon dont je l’exécute est une forme de réponse à ces questions.

Mes dessins préparatoires à l’encre de Chine et au stylo tubulaire sont directement issus de ma première carrière d’ingénieur. J’ai été fortement influencée par les productions de la fin du XIXème et du début du XXème siècle : Art Nouveau (Alfons Mucha, Aubrey Beardsley), estampes japonaises ukiyo-e (Hokusai, Hiroshige), illustrations botaniques (Ernst Haeckel, Maurice Pillard Verneuil). Dans cette période graphique, la nature a été un sujet central, faisant écho à ma propre nature d’être vivant.

Ma création s’oriente du graphique vers le plastique, du figuratif vers l’abstrait. Je suis sensible à l’artisanat du papier, de la terre, du cuir, du bois, du végétal. J’aime particulièrement les créateurs qui s’appuient sur les arts traditionnels, en particulier japonais.

J’ai toujours travaillé sur du papier, et celui-ci tend, avec le temps, à sortir de sa fonction initiale de support pour devenir œuvre lui-même.

Mes toutes premières créations étaient calligraphiques. Je suis ensuite passée au dessin au stylo tubulaire de dessin industriel, puis j’ai découvert la linogravure et le cyanotype. La reliure est arrivée ensuite, apportant la troisième dimension à mes créations. J’expérimente le collage en ce moment, et je m’intéresse de plus en plus au cartonnage et au pliage.

Mon travail actuel est fortement impacté par ma consommation courante, puisque maintenant j’en utilise les déchets comme matière première.

Je fais avec ce que j’ai sous la main, à chaque instant. Cette posture est au cœur de ma façon de créer, et c’est aussi un art de vivre que j’aspire à ressentir pleinement.

Créer, et être créée

Du néant émergent le vide, puis le plein,

et encore le vide, avec le plein,

et de vide en plein, de création en création,

je me sens devenir.

Quoi, je ne sais pas, mais ça devient, ça devient !

Aujourd’hui, je suis.

Laure Martin