… Pas trop tôt! Ca fait 44 ans que je me suis incarnée en elle, et elle vient enfin de comprendre qu’elle était moi, que j’étais elle, que nous étions nous, irrémédiablement liées l’une à l’autre (enfin, pour cette fois…), et que moi, son âme, j’avais des trucs à faire ici-bas (comme dirait l’autre).
Bon, OK, en tant qu’âme, j’ai encore des progrès à faire. Comment m’y prendre pour que mes êtres humains d’accueil comprennent qu’une âme les habite, et qu’elle est là pour les guider? Qu’est-ce que je lui ai envoyé comme signes, à celle-ci… Mais elle n’a rien compris! Bouchée, j’te dis… Enfin, non, bouchée, c’est pas le bon mot. Je dirai plutôt « pas open ». Quoique, si on y réfléchit, quand t’es pas open, t’es bouché… Bref! Des signes, disais-je, elle en a eu un paquet. Tout au long de sa vie, je lui ai suggéré d’écrire, j’ai soufflé des commentaires positifs sur ses écrits à certaines personnes qu’elle a croisées, mais elle n’a pas écouté. Oh elle a écrit, bien sûr, elle a même aimé ça, mais elle l’a joué petit: des rédactions à l’école, des lettres à sa cousine, des mémoires de stage, des courriers amoureux, des rapports pour ses chefs. Pffff… Que des trucs commandés par les autres, ou en réaction. Moi, c’est pas ça que je suis venue faire! Comme âme, je n’ai qu’un canal de communication sur Terre: elle. Et tant qu’elle écrit pour les autres, elle n’écrit pas pour moi.
Quand elle a commencé un journal intime à l’adolescence, j’ai cru qu’on y était. Mais non… Je n’ai pas su combattre l’appel des hormones que le corps humain distille à cet âge-là (mais j’ai une excuse, c’est ma première incarnation dans un corps féminin; les gars, c’était plus simple), et elle a préféré jouer avec les garçons. Tu me diras, c’est sympa comme activité, ça nous a bien distrait, mais on s’est un peu éloignées de la cible… En plus, elle a suivi les conseils de ses parents pour ses études, elle est entrée en lycée technique: des garçons partout (rhaaaaa… hormoooones…), des maths, du dessin industriel, de la techno, et pas beaucoup de français. J’ai essayé d’arranger le coup avec une bonne prof, qui lui a procuré un grand kif avec sa première pièce de théâtre, mais ça n’a pas suffit.
Le seul truc plus perso qu’elle a écrit, c’est des années plus tard, deux articles pour le réseau de femmes de son entreprise (je te les ferai lire une autre fois). C’était pas mal, mais comme elle s’est tapé un burn-out ensuite, c’était mort…
Cette fois-ci, j’ai tapé un grand coup. C’est vrai, quoi, on va pas attendre la retraite pour s’y mettre! Surtout qu’avec ces corps humains, t’es pas à l’abri de pas y arriver, à la retraite. Tu sais qu’au départ, les corps humains étaient faits pour vivre beaucoup plus longtemps? Si si. On aurait pu s’incarner pépère, au lieu de changer de corps tous les 80-100 ans comme maintenant. Le problème, c’est que les humains ont inventé la pollution, la bouffe industrielle, la télé, le métro, le stress, et ça, ça te dézingue un organisme en moins de deux! Bon, c’est comme ça… J’en étais où? Ah oui… J’ai frappé un grand coup.
Après son burn-out, elle a démissionné, déménagé, repris des études pour se lancer comme généalogiste indépendant. Pour mon objectif, c’est mieux qu’ingénieur dans une grande entreprise comme elle faisait avant, mais c’est pas encore ça. Alors je lui ai « suggéré » de poursuivre quelques programmes de développement personnel, histoire de réfléchir à des questions comme « Où suis-je », « Où vais-je », et « Dans quel état j’erre » (celle-là, elle est nulle, mais je l’adore). Comme elle est génétiquement programmée pour être une bonne élève (qu’est-ce que ça m’a saoulé, ça…), elle a tout suivi, elle a lu les bouquins proposés et…. ALLELUIA danse de la joie youpi: elle a compris…
Elle a compris deux choses. La première, c’est qu’elle n’est pas seule, et que je suis là pour la guider, sans la juger, avec tooooout l’amour de l’univers dans ma caisse à outils. La deuxième, c’est que je suis dans son corps pour écrire. Bon, je lui ai pas encore dit que je ne savais pas quoi écrire. C’est chiant, ce truc de perdre notre mémoire d’âme quand vient au monde le bébé qu’on a choisi pour s’incarner. Il faut des années avant de se souvenir qu’on est une âme, et des fois on meurt sans l’avoir jamais su… Trop nul… Bon, cette fois-ci, je me suis pas faite avoir, elle est au courant, on va pouvoir s’y mettre!
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