On comprend tout, et pourtant rien ne change.

Je me revois très clairement sortant du rayon « Développement personnel » de cette grande librairie, avec cinq ou six livres dans les bras. Dans la queue, à la caisse, la sensation est horrible : le poids des livres, la chaleur, mon manteau sur l’avant-bras et le sac à main qui glisse de mon épaule… J’endure tout ça parce que j’ai vraiment l’espoir que dans ces livres, enfin, je comprendrai pourquoi je me sens si mal.

A l’époque, j’étais ingénieure, je maîtrisais la collecte de données, leur analyse, leur synthèse. C’était ma compétence la plus sûre, et j’y trouvais un vrai réconfort : si le problème était quelque part, je finirais par le trouver. Alors je cherchais, sur tous les fronts : la psychologie, le transgénérationnel, le microbiote, le système nerveux, la physique quantique, la spiritualité. Je n’avais pas encore compris que le vrai problème, ce sont les pensées, quel qu’en soit l’objet.

Comprendre, c’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas toujours suffisant.

Comprendre et transformer sont deux opérations différentes, qui mobilisent des parties distinctes de notre être. La psychologie identifie deux types de prise de conscience : dans la tête, et ailleurs.

Celle qui se passe dans la tête est rationnelle, articulée, capable de relier des causes à des effets avec une précision parfois chirurgicale. C’est ce qu’on ramène des thérapies analytiques et des livres, et c’est précieux ! Simplement, ça n’est pas toujours suffisant pour un changement durable.

Ailleurs que dans la tête, dans le corps, en des espaces peut-être plus difficiles à nommer, une autre forme de prise de conscience peut réorganiser vraiment la façon dont on se sent exister.

Le piège du besoin de sens

Ce qui rend la quête intellectuelle si tenace, c’est qu’elle répond à quelque chose de profondément humain : le besoin de comprendre. Un besoin légitime, moteur de toute la science et de toute la curiosité du monde. Mais face à la souffrance intérieure, il peut se retourner contre nous. On cherche une explication, on en trouve une, et puis une autre, et puis encore une. On accumule les pièces d’un puzzle dont le tableau d’ensemble ne cesse de changer. On sait beaucoup de choses sur soi. Et on se sent toujours aussi mal.

Thierry Tournebise, fondateur de la maïeusthésie, nomme ça avec une précision qui fait mouche : le cognitif, opérant seul, devient un froid collecteur de données. Il tourne, il analyse, il produit des explications. Mais sans quelque chose d’autre, quelque chose de l’ordre du ressenti, de l’éprouver, il ne rencontre pas vraiment ce qui souffre.

Ce qui cherche à être rejoint ne cherche pas à être expliqué

La quête mentale est utile, mais elle peut devenir épuisante, tandis que, quelque part en nous, une rencontre est ardemment désirée. Comment l’opérer ?

Certaines zones de notre vécu ne parlent pas le langage des mots et des concepts. Elles parlent la langue du corps, du souffle, de la sensation. Et quand on continue de leur adresser des raisonnements, même très justes, elles restent là, silencieuses, à attendre autre chose.

Un premier pas, si tu veux

Les livres, les thérapies, les prises de conscience mentales : tout ça fait partie du chemin, et peut devenir un point d’appui vers autre chose, qui ne passe plus par la tête.

J’ai créé « La première clairière », une méditation offerte de 8 minutes, pour t’ouvrir à cet espace différent. Laisse-toi guider …


Laure Martin accompagne les femmes en hypercontrôle chronique à retrouver clarté et paix intérieure, sans que leur tête ait besoin de tout comprendre d’abord. Elle exerce à Bordeaux et pratique la maïeusthésie.