Je ne compte plus les rentrées de septembre où j’ai eu l’impression de ne pas avoir eu de vacances. Pourtant, j’avais vidé mes mails, quitté mon bureau, et changé d’air. J’étais partie en voyage, avec les gens que j’aime, dans de beaux endroits, mais à peine rentrée à la maison, c’est comme si je n’étais jamais partie ! Mon cerveau était de nouveau assailli des mêmes préoccupations, avec la même sensation de devoir tout tenir, tout voir, tout anticiper. J’aurais tant aimé que ces vacances soulagent mes ruminations, mais ce n’est pas une question de volonté : on ne choisit pas ce qui se réveille le premier jour de septembre !
Le repos du corps, l’agitation de l’esprit
A vrai dire, si l’on est vraiment honnête, on constate que même en vacances, le cerveau n’a pas ralenti. Malheureusement, les préoccupations que tu portais avant ton départ te suivent sous ton parasol ! Ton corps a bien baissé de régime, mais ton esprit, lui, ne s’est pas débranché. Il reste en vigilance continuelle, guettant les mille petites choses qui ne vont pas manquer de mal tourner. Tu peux avoir techniquement arrêté de travailler, mais il reste ce bruit de fond permanent de pensées, de rappels, de « et si » avec lesquels tu recrées sans fin une version catastrophique de ton monde.
Le résultat ? Certains d’entre nous reviennent de vacances plus épuisés qu’ils ne sont partis. Tu peux avoir les meilleures intentions du monde, un cadre idéal, être bien entourée, et te découvrir incapable d’arrêter de penser. Il n’y a pas lieu de tirer de conclusions sur qui tu es et ce que cela signifie sur toi, ni même à chercher d’où ça vient, mais ce que tu expérimentes est au-delà d’une simple fatigue professionnelle.
La détente « technique » n’est pas l’écoute
On a longtemps cru que la solution était la relaxation. Des techniques, quelques minutes de respiration, une méditation guidée, et voilà, c’est réglé ! Il existe même des applis pour ça, des formations, des stages entiers consacrés à « l’art de décompresser » (tout un marché) (je ne suis pas en reste, j’ai moi-même créé une méditation guidée pour que tu puisses faire un premier pas vers toi 😉 ). Ces méthodes ont du mérite, car elles apaisent le corps dans l’instant, et lui procurent une sensation de calme. Elles ont toutefois une limite qu’il ne faut pas perdre de vue.
Il y a une différence entre « détendre le corps par une technique » et « écouter ce qui vit en soi ». Une détente obtenue par des astuces de relaxation produit un apaisement très court ; c’est un calme de surface, un peu comme une mer d’huile qui cacherait de violents courants en profondeur. Il y a peu de chances que ce calme soit durable si, dans ton quotidien, on ne te considère pas vraiment.
Si personne ne te voit, telle que tu es, dans l’instant.
Si ta valeur est jugée sur ce que tu produis et non sur le fait que tu existes.
Le stress ne vient pas toujours de la quantité de choses à faire. Il peut venir du sentiment profond de ne pas être digne de considération, de ne pas valoir quelque chose. Il peut venir de devoir toujours prouver, toujours mériter, pour avoir le droit de respirer. C’est une carence ontique : une absence du sentiment d’être, d’être aimé, vu, autorisé simplement parce qu’on existe.
L’écoute authentique, elle, fonctionne autrement. Elle ne cherche pas à supprimer la préoccupation ou à faire taire l’anxiété. Elle la rencontre. Elle se tourne vers ce qui vit en soi, sans essayer de le corriger ou de le maîtriser. C’est très différent.
Ce qui pourrait changer les choses
Accéder au repos véritable demande quelque chose de plus radical que des vacances. Cela demande de créer, progressivement, un espace intérieur où la vigilance peut enfin diminuer. Cet espace émerge en rencontrant ce que tu portes réellement, sans qu’il y ait besoin de l’expliquer, de l’optimiser, ou de le supprimer.
Cette démarche peut se faire seule, jusqu’à un certain point. Cela demande de la présence, de l’écoute, et une certaine forme de reconnaissance de ce que tu es réellement. Si tu as déjà essayé, et que le résultat n’est pas à la hauteur de ce que tu sais être possible, ça vaut la peine de te faire aider.
Si tu te reconnais dans cette sensation de revenir de vacances aussi fatiguée qu’avant, ou de porter constamment le poids de tout contrôler, une séance Clarté peut t’offrir un espace pour explorer ce qui se tient réellement sous la surface. Ça ne résoudra pas tous tes problèmes, mais tu pourras commencer à te rencontrer autrement.
Laure Martin accompagne les femmes en hypercontrôle chronique à retrouver clarté et paix intérieure, sans que leur tête ait besoin de tout comprendre d’abord. Elle exerce à Bordeaux et pratique la maïeusthésie.
